Après la destruction par Nabuchodonosor du premier Temple (586 avant JC ), la plupart des juifs étaient emmenés en esclavage à Babylone. Certains parmi ceux qui s'échappèrent, seraient venus en Tunisie sur l'Ile de Djerba, petite île de 514 km2  localisée au sud des côtes tunisiennes. Les détroits d'Ajim (2 km) et El Kantara (6 km) la séparent du continent.
    Ils auraient sauvé certains manuscrits des Tables de la Loi et auraient emporté avec eux une porte et des pierres du Temple avec lesquelles ils construisirent la Synagogue de la Ghriba, devenu lieu de pèlerinage pour les Juifs du monde entier.

     

    A l'époque la région vivait sous la domination des Phéniciens et de la ville de Carthage, qui avait été fondée plusieurs siècles auparavant (800 avant JC) par la Reine Sidon.


    Après la destruction du second Temple par les romains, d'autres juifs arrivent en Tunisie. Entre temps Carthage a été détruite par les Romains qui maintenant dominent la région. Les Romains construisirent une chaussée reliant l'île au continent
     

La communauté juive se multiplie et prospère et quand l'empire romain disparaît, les autres envahisseurs qui les remplacent sont plus ou moins appréciés par la communauté juive de l'époque.


    D'autres juifs arriveront du moyen orient, apportant d'autres rites, coutumes et connaissances. (Perse, Yémen, Irak...) Au VIIe siècle les Byzantins succèdent aux Romains. En 665, Djerba est conquise par les Arabes qui en chassent les Byzantins et convertissent les Berbères à l'islam. Le sort des juifs n'est pas trop mauvais sous la domination musulmane. Ils ne sont pas persécutés physiquement, mais considérés comme des citoyens de seconde classe. La Hara, quartier spécifique aménagé dans certaines des villes, où sont regroupées les populations juives. Ils sont pratiquement dispersés dans toutes les villes.
     

En 1492, au moment de l'Inquisition en Espagne par Isabelle la Catholique, parmi les juifs qui refusent de se convertir et fuient, un petit nombre arrive en Tunisie. Les autres iront au Maroc tout proche, en France, au Portugal et d'autres pays méditerranéens.


    Parmi ceux qui arrivent en Tunisie, quelques uns d'entre eux s'installent à Djerba, plus particulièrement à Hara Kebira.
    Un siècle plus tard les juifs du Portugal devront fuir à nouveau et iront en Angleterre, en Hollande ou en Italie entre autre..
     

    C'est d'Italie et plus particulièrement de Livourne en Toscane que des juifs iront s'installer en Tunisie. Ces juifs venus au 18eme siècle furent appelés les Grana et faisaient bande à part. C'était une sorte d'aristocratie, avec leurs écoles, leurs synagogues, leurs cimetières, leur façon de s'habiller et leur langue l'Italien. Ils excellaient dans le commerce et l'industrie.
    Dès lors il y eut 2 groupes : ceux qui vivaient à l'orientale et qui étaient là avant les Grana, et les Grana qui étaient plus occidentalisés.


    La plupart de ces juifs de Tunisie feront leurs valises à nouveau, en 1948 vers Israël, en 1956 lors de l'indépendance vers la France et Israël, et il ne doit rester que quelques milliers (2000 à 3000 ) de juifs aujourd'hui en Tunisie.